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Relation entreprises

Trouver l'entreprise d'accueil, le vrai goulot de l'apprentissage

Un candidat admis sans entreprise n'est pas un inscrit. C'est entre l'admission et la signature que se perd la plus grande partie des effectifs, et c'est la seule étape que beaucoup d'organismes ne pilotent pas du tout.

Mis à jour le 8 octobre 2026 · 5 minutes de lecture

Dans un centre de formation d'apprentis, la chaîne d'admission se termine rarement par une décision de l'établissement. Elle se termine par une signature d'entreprise. Un candidat peut être excellent, motivé, admis à l'unanimité du jury : sans employeur, il n'entre pas.

Cette étape est pourtant la moins outillée de toute la chaîne. Les candidatures sont suivies, les dossiers sont suivis, les entretiens sont planifiés. La recherche d'entreprise, elle, repose le plus souvent sur deux choses : la débrouillardise du candidat, et la mémoire de deux ou trois personnes dans l'équipe.

Pourquoi laisser la recherche au candidat ne marche pas

L'argument est connu et il n'est pas absurde : chercher son employeur fait partie de l'apprentissage du métier, et un jeune qui décroche son contrat seul démarre avec une relation qu'il a construite. C'est vrai pour une partie des candidats. Ce n'est pas vrai pour la majorité, et ce sont les autres qui font vos effectifs.

Un candidat de dix-sept ans qui postule pour un CAP ne sait pas à quoi ressemble une candidature spontanée. Il ne connaît pas le tissu d'entreprises de son bassin. Il ne sait pas qu'une entreprise de huit salariés recrute en juin et pas en septembre. Il envoie dix courriels, n'obtient aucune réponse, et conclut que l'apprentissage n'est pas pour lui.

L'organisme, lui, sait tout cela. Il connaît les entreprises qui ont accueilli l'an dernier, celles qui ont bien accompagné, celles qui ont rompu. Cette connaissance existe, mais elle est rarement écrite, et presque jamais à un endroit où une personne qui arrive peut s'en servir.

Ce qu'il faut savoir d'une entreprise partenaire

Un fichier d'entreprises utile n'est pas un annuaire. Il tient cinq informations, et c'est l'absence de ces cinq-là qui rend un annuaire inutilisable.

  • Qui est l'interlocuteur réel. Pas l'adresse générique de l'entreprise, mais la personne qui décide d'accueillir un apprenti. Dans une PME, c'est souvent le dirigeant. Dans un groupe, c'est un responsable de site, et le siège ne sait pas qui c'est.
  • Ce qu'elle a accueilli, et quand. Les postes, les années, les formations concernées. Une entreprise qui a pris un apprenti en vente l'an dernier n'est pas un prospect pour la vente cette année : c'est peut-être un prospect pour un second poste, ou pour un autre métier.
  • Comment cela s'est passé. Une rupture, un tuteur absent, un apprenti qui a été très bien formé. Cette information est la plus utile et la moins souvent écrite, parce qu'elle est délicate. Elle évite surtout d'envoyer un candidat là où le précédent est parti.
  • Sa période de recrutement. Les entreprises ne décident pas toutes au même moment. Connaître ce rythme permet de solliciter au bon moment plutôt que toutes en août.
  • Qui, chez vous, la suit. Faute de quoi trois personnes appellent la même entreprise en trois semaines, et l'entreprise retient surtout que l'organisme est désorganisé.

Le rapprochement, et pourquoi il est difficile

Une fois les deux côtés connus, reste à les rapprocher. C'est là que le tableur s'effondre pour de bon, parce que le rapprochement n'est pas une simple jointure.

Un poste ouvert correspond à plusieurs candidats, et un candidat peut convenir à plusieurs postes. Un candidat envoyé à une entreprise est indisponible pour une autre pendant quelques jours, mais redevient disponible si l'entreprise décline. Une entreprise sollicitée trois fois sans résultat doit être mise de côté un moment. Et chacun de ces états change plusieurs fois par semaine pendant la campagne.

Tenir cela à la main est possible pour vingt candidats. À deux cents, la charge dépasse ce qu'une personne peut garder en tête, et la conséquence n'est pas une erreur visible : c'est une lenteur. Les rapprochements se font quand même, mais quinze jours plus tard, et quinze jours sont assez pour qu'un candidat s'inscrive ailleurs.

Trois pratiques qui changent le résultat

Solliciter avant d'avoir besoin

Les organismes qui transforment le mieux ne cherchent pas des entreprises en juillet pour une rentrée de septembre. Ils entretiennent la relation toute l'année : un appel après la fin du contrat précédent, une visite de tuteur, un retour sur le parcours de l'apprenti accueilli. Quand arrive le moment de demander, ils ne demandent pas à des inconnus.

Préparer le candidat, pas seulement le mettre en contact

Envoyer un nom et un numéro à une entreprise produit peu. Envoyer un profil court, en précisant ce que le candidat sait déjà faire et ce qu'il vient apprendre, produit nettement plus. Ce travail prend dix minutes par candidat, et il est le meilleur emploi possible de ces dix minutes.

Compter les mises en relation, pas seulement les contrats

Le contrat est le résultat, pas l'activité. Ce qui se pilote, c'est le nombre de rapprochements proposés par semaine et leur taux de réponse. Une semaine sans mise en relation est une semaine perdue, et elle ne se voit nulle part si l'on ne regarde que les contrats signés.

Ce que l'outil peut porter

Un logiciel ne remplace pas une relation commerciale avec un bassin d'entreprises. Il enlève en revanche ce qui l'empêche : la perte de mémoire, les doublons d'appels, et le délai entre le moment où un candidat devient disponible et le moment où quelqu'un s'en aperçoit.

Concrètement, cela veut dire que les entreprises et les candidats vivent dans le même outil, que les postes ouverts sont visibles de toute l'équipe, et qu'un candidat admis sans entreprise apparaît dans une liste plutôt que dans la mémoire de quelqu'un. C'est l'un des deux objets de Pyramide, avec le suivi des candidatures.

Le reste de la chaîne est traité dans pourquoi les candidatures s'éteignent, qui détaille les cinq autres endroits où un candidat disparaît.

Un test simple, à faire cette semaine

Prenez vos admis actuels sans contrat. Pour chacun, répondez à deux questions : à quelle entreprise a-t-il été présenté, et quand. Si vous ne pouvez pas répondre pour plus d'un quart d'entre eux, le problème n'est pas le marché de l'apprentissage. Il est que personne ne tient ce lien, et c'est une chose qui se corrige sans recruter.

Voyons comment vous tenez vos entreprises.

Une démonstration de trente minutes, sur votre portefeuille à vous. Nous regardons comment vos entreprises partenaires sont suivies aujourd'hui, et ce qu'il faudrait pour que la mise en relation cesse de reposer sur des mémoires individuelles.

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